

Les attributs de l'espace terrestre

L'espace géographique du transport maritime

La distance du grand cercle


L'espace géographique et les transports


Effondrement de l'espace-temps par le système de transport global

Indexes des coûts de transport et de télécommunication, 1920-1990
|
La géographie des transports sintéresse aux mouvements, lesquels se déploient
en référence à la surface terrestre. Les caractéristiques de cette dernière imposent
des contraintes physiques majeures aux systèmes de transport quant au
mode pouvant être employé ainsi quà létendue et à la capacité du
service. Parmi les principales contraintes spatiales se retrouvent:
- La physiographie consiste en la surface géologique ou encore
lensemble des caractéristiques du terrain dune aire géographique. Elle
comprend la topographie qui décrit les composantes tant naturelles quartificielles
ponctuant la surface terrestre. Des composantes telles les montagnes et vallées ont
fortement influencé la structure des réseaux ainsi que le coût et la faisabilité des
projets de transport. A titre dexemple, un gradient de pente prononcé disqualifie
le passage dune voie ferrée et dune autoroute ou encore la construction
dun champ aérien.
- Lhydrographie rassemble des composantes telles les rivières,
lacs et océans. Lhydrographie détermine létendue des voies navigables tout
en imposant des contraintes au transport terrestre sous forme de ponts et de détours.
Plusieurs éléments hydrographiques dimportance comme le Mississippi, le
Saint-Laurent, le Rhin ou le Yangtze furent lobjet dune accumulation
dactivités anthropiques cherchant à extraire les avantages quoffrent ces
éléments en matière de transport. Les ports tombent également dans la catégorie des
infrastructures de transport fortement régies par des facteurs hydrographiques.
- Le climat se définit comme lensemble des patterns de conditions
atmosphériques se déployant sur une région et sur de relativement longues périodes et
englobe des éléments tels la température, les vents et les précipitations. Ses impacts
sur les modes et les infrastructures de transport varient de conditions dopération
inoffensives à hasardeuses. Les courants-jet constituent une composante physique dont les
transporteurs aériens internationaux doivent tenir compte au sein de la mise sur pied de
trajectoires efficaces. En effet, pour un avion, la vélocité du vent peut affecter
directement les coûts de déplacements. Un vol peut se voir écourté de plusieurs heures
lorsque le vent souffle en direction de la destination de lavion.
Une autre caractéristique de la surface terrestre à
ne point négliger est sa sphéricité. Celle-ci impose aux mouvements
une géométrie spécifique, notamment dans le cas des itinéraires internationaux. Les
masses continentales quant à elles tracent un espace maritime
clairement défini se traduisant en une série de points de passage obligatoire devant
être respectés et circonscrits lorsque possible (les canaux de Panama et de Suez en
constituent des illustrations). En ce qui concerne le transport aérien, la sphéricité
de la terre impose également des routes cherchant à minimiser
les distances intercontinentales via des parcours passant par le grand cercle
terrestre.
Le concept de localisation est intimement lié à la
géographie des transports, tout comme à la géographie en général. Le
poids du concept est issu foncièrement de lemplacement des ressources et de la
distance. Il se résume sous six volets principaux:
La localisation géographique. Elle implique la position absolue
selon un système de référence (longitude, latitude) ainsi que la position relative qui,
elle, change avec le temps et suivant le développement des activités. Un endroit est
souvent donné en référence à un autre.
Les attributs géographiques. Les attributs dun endroit
consistent en lensemble des traits spécifiques lui étant propres dus à sa
localisation mais aussi à ses ressources. Une population peut être également
considérée en tant que ressource du fait de son degré de qualification et
déducation ainsi que par les rémunérations revendiquées par sa main
doeuvre.
La distance. La distance est une mesure de la friction de
lespace. Cette dernière peut être exprimée daprès plusieurs paramètres
tels la longueur, la durée, le coût, leffort, la perception ou encore
lénergie utilisée.
La relativité géographique. Tout endroit est relatif
puisquil sinscrit dans un contexte plus vaste. Limportance dun
endroit varie selon son importance relative vis-à-vis dautres endroits de même que
léchelle à laquelle il est considéré.
La notion de dynamique. La notion implique trois points
incontournables. Dabord, tout changement en un endroit affecte les endroits y étant
liés. Ensuite, si un nouveau lien est créé, limportance des endroits rattachés
changera conséquemment. Enfin, quelle que soit la nature du changement, leffet sera
ou positif ou négatif.
- La fixité. Les endroits sont stationnaires puisque de toute évidence
ils ne peuvent se mouvoir. Ceci cause des disparités car les conditions économiques,
sociales et politiques varient dans le temps et dans lespace alors que la
localisation géographique demeure la même.
Une majorité des réseaux de transport daujourdhui détiennent un
héritage du passé, notamment dans le cas des infrastructures de transport. Bien que
depuis la révolution industrielle un ensemble de nouvelles technologies a fourni
limpulsion à de profonds bouleversement dans le domaine des transports en termes de
vitesse, de capacité et defficacité, la structure des réseaux na
pour sa part que très peu changé. Par suite, la permanence des réseaux de
transport dans le temps sexplique en faisant appel à deux facteurs principaux:
Les attributs physiques. Les conditions naturelles peuvent être
modifiées et éventuellement adaptées aux besoins humains, mais elles représentent
nonobstant une contrainte gênante, particulièrement pour le transport terrestre. Il
nest ainsi point surprenant de constater que la plupart des réseaux sont
réductibles au tracé le plus simple possible, à savoir le moins coûteux, usuellement
en exploitant les vallées et les terrains à niveau.
- Les considérations historiques. De manière générale, les nouvelles
infrastructures tendent à renforcer les circuits déchanges historiquement
établis, particulièrement à léchelle régionale. Par exemple, le réseau
autoroutier français actuel a essentiellement calqué la configuration des programmes
nationaux de réseaux routiers mis en branle plus tôt au cours du vingtième siècle. Ce
réseau fût dessiné selon le réseau routier royal qui, à son tour, sérigea à
partir des routes construites par les Romains. Au niveau urbain, la configuration des rues
est souvent lhéritage dun pattern antécédent ayant subi linfluence de
la structure rurale.
Linférence des effets anticipés découlant de lévolution continue des
technologies de transport ne relève guère de lévidence. En effet, un mythe
populaire consiste à croire que les transports se veulent une force
décentralisatrice, qui favorise létalement des activités à travers
lespace. Il nen va pas nécessairement ainsi. Dans nombre de cas, les
transports incarnent une force centralisatrice, notamment en ce qui a
trait aux activités daffaires. Puisquen règle générale les infrastructures
de transport se veulent fort dispendieuses, leur mandat premier consiste à desservir les
centres les plus importants. Bien que lautomobile savère un facteur de
premier ordre parmi ces forces décentralisatrices, elle a aussi promu la concentration
massive dactivités en des endroits spécifiques. Il nest quà souligner
le cas des centres commerciaux comme illustration pertinente de ce processus. Davantage,
les transports peuvent se concevoir comme étant liés à deux dynamiques spatiales:
- La spécialisation. Les entités géographiques réseautés sont aptes
à se spécialiser dans la production de biens arborant un avantage comparatif tout en
important ce quelles ne peuvent produire
- La ségrégation. Les entités géographiques réseautés peuvent
assister au renforcement de lune au détriment des autres.
Il est reconnu que les forces derrière la mondialisation salimentent des
percées en technologies de transport et de leur propre agglomération spatiale pour
former des systèmes de transport. Le résultat se traduit par un effondrement de lespace-temps dampleur
globale, participant à une contraction de lespace transactionnel tout en permettant
lextension de lexploitation des avantages comparatifs de lespace en
termes de ressources et de main doeuvre. Conjoint au phénomène fut une réduction significative des coûts de transport et de
communication. Quatre facteurs clés entretiennent un rapport avec cet
effondrement:
- Les économies déchelle. Le fait darriver à transporter plus de
fret et de passagers à moindre coût a amélioré considérablement la capacité tout
comme lefficacité des systèmes de transport. Toutefois, ceci nimplique pas
nécessairement que lunité transportée se déplace plus rapidement de son origine
à sa destination, mais simplement en plus grandes quantités.
- Lexpansion des infrastructures de transport. Les infrastructures
de transport ont connu une expansion notable dans le but détendre leur desserte
pour englober des aires jadis laissées pour compte, sinon mal desservies. Lun des
contrecoups découlant dune telle assertion est quen dépit du fait que cette
expansion ait permit une expansion des systèmes de distribution, elle a également
engendré une hausse conséquente du nombre de tonnes-km ou de passagers-km.
- La substitution des transports par les télécommunications . Ce
phénomène a permit à plusieurs activités économiques de court-circuiter la contrainte
spatiale dune façon non négligeable. Le courrier électronique est un exemple où
la transmission dinformation nemprunte plus une forme physique (exception
faite des électrons et photons) une fois linfrastructure daccès établie. Il
existe évidemment des limites à cette substitution. Néanmoins, plusieurs compagnies
tentent au mieux de tirer profit des avantages du télétravail en raison des épargnes
qui sensuivent.
- Lefficacité des terminaux de transport. Les terminaux tels les
ports et aéroports ont su démontrer un accroissement sur de courtes périodes de leur
capacité à traiter dimportantes quantités de trafic.
Les relations entre le transport et lespace ont subi de lourdes mutations durant
les deux derniers siècles, notamment dues aux avancées en technologies y étant reliées
de près ou de loin. Ce dernier aspect se veut le noyau du prochain concept. |