Les modes de transport: un synopsis

CHAPITRE 3 : CONCEPT 1


Auteur : Dr. Claude Comtois
1. Les modes de transport
2. La concurrence modale


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La distribution modale des échanges canadiens avec les États-Unis et le Mexique, 1995-96

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Amoco Cadiz

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Exxon Valdez

1. Les modes de transport  

Le transport routier enregistre le plus haut taux de croissance. La libéralisation des échanges a largement contribué à alimenter un tel essor comme le suggère la répartition modale du commerce entre la Canada et ses partenaires de l’ALENA. Ceci est le résultat de l’expansion de la capacité de charge des véhicules et leur adaptation au fret (fruits, légumes, carburants, matériaux de construction, etc.) ou à la demande du passager (l’autobus scolaire par exemple) en matière de rapidité, d’autonomie et de souplesse. Toutefois, ceci ne fut point sans engendrer de nouvelles problématiques: croissance fulgurante de la consommation d’essence, pollution accrue, engorgements et multiplication des accidents de la route.

Les réseaux maritimes de leur côté ne reposent pas tant sur la configuration des bassins et voies hydrographiques que sur l’existence d’itinéraires empruntés sur une base régulière. Les routes maritimes sont fonction des passages imposés par les vents, les courants, la profondeur des eaux et les récifs. Par conséquent, les grandes routes maritimes sont des corridors de seulement quelques kilomètres de largeur qui dessinent des arcs sur la surface des eaux du globe. Les plus récentes avancées technologiques touchant au transport par voie d’eau ont cherché à modifier les écluses et canaux, à augmenter la taille, l’automatisation et la spécialisation des navires (conteneur, vraquier, bateau-citerne, etc.). Ces transformations sont à l’origine en partie du développement d’un trafic maritime attentif à la demande accrue en combustibles ainsi qu’à la géographie des grands marchés céréaliers. Cet entassement des trajets en flux réguliers sur de longues distances maritimes n’est point dépourvu de répercussions. Il n’est qu’à porter au souvenir les incidents de déversements de pétroliers se résumant trop souvent à des calamités écologiques ( Amoco Cadiz, Exxon Valdez et autres). En dépit de services réguliers le long d’une sélection d’artères fluviales, l’intérêt envers les voies navigables en ce qui a trait au transport de passagers demeure limité et actuellement entre les mains du tourisme.

Le transport ferroviaire se caractérise également par une série d’innovations continue. Les vitesses de pointe sur rail ont constamment repoussé leurs limites. Au chapitre des records de vitesse, le TGV Atlantique peut atteindre jusqu’à 515 km/h. Des essieux de roues ajustables permettent aux locomotives et wagons de s'adapter à des lignes aux rails à écartements différents. Des rails allongés et plus costauds jumelés à des prouesses en ingénierie permettent la suppression d’obstacles naturels à la continuité des lignes. Le tunnel japonais Seikan reliant Honshu à Hokkaido compte pas moins de 53.8 kilomètres tandis que le tunnel de la Manche reliant l’Angleterre à la France a une longueur de 50.5 kilomètres. Les avantages comparatifs du chemin de fer se situent essentiellement dans sa capacité de transporter du vrac lourd suivant des itinéraires spécifiques sur de longues distances. En outre, sa grande emphase sur la sécurité et la régularité en fait un moyen d’évacuation rapide et efficace de la population suburbaine aux heures de pointe.

Pour sa part, le transport aérien a grandement contribué à réduire les distances. Ce mode est parfaitement adapté au transport rapide de fret et de passagers à travers continents et océans. Mais pour des raisons de sécurité l’organisation du trafic aérien à l’échelon international est minutieusement contrôlée. Ainsi, la géographie du transport aérien est, tout comme son protagoniste maritime, limitée à quelques grands corridors établis. Il s’agit par ailleurs d’une industrie en plein essor. Elle est devenu un puissant moteur de développement générant plus de $700 milliards en valeur ajoutée et créant plus de 21 millions d’emplois. Ce mode de transport a su tirer profit de plusieurs améliorations techniques ainsi que de certains avantages commerciaux. Des progrès remarquables ont ponctué le secteur de l’aéronautique. Les avions ont désormais une capacité d’accueil atteignant les 500 passagers ou les 100 tonnes de cargo. Davantage, malgré des coûts élevés, une multiplication des vols ayant pour but de rencontrer une demande à la hausse est en cours. Ceci néanmoins a pour corollaire la naissance de nouveaux problèmes de trafic. Ces problèmes sont d’ailleurs à l’origine de la construction de nouveaux aéroports modernes souvent situés à une distance considérable de la ville desservie.

2. La concurrence modale   

Une analyse générale des modes de transport démontre que chacun des modes possède ses particularités. Il reste que la demande actuelle est en partie régie par des réseaux intégrés de transport, lesquels exigent un maximum de souplesse. Il en ressort une concurrence modale à plusieurs volets. Les modes peuvent concurrencer ou se compléter en termes de coût, de rapidité, d’accessibilité, de fréquence, de sécurité, de confort, etc.

  • La concurrence peut également provenir d’une co-présence du trafic de passagers et de marchandises le long de mêmes itinéraires et reliant les mêmes points.
  • La concurrence est aussi observable sous forme de lutte entre terminaux de transport pour la conquête de nouveaux marchés et la desserte de nouveaux espaces.

Bien entendu, ceci mènera tôt ou tard à une congestion accrue, à une réduction de la sécurité, à une dégradation accélérée des infrastructures mais aussi à de lourdes préoccupations d’ordre environnemental.

La demande de transport est une demande dérivée des individus, des groupes et des industries. Celle-ci se découpe en une série de demandes partielles rencontrées par l’adaptation et l’évolution des techniques, des véhicules et des infrastructures de transport aux besoins changeants. Davantage, l’inextricable complexité des systèmes économiques et sociaux liée aux bouleversements technologiques forcent l’industrie des transports à adopter la voie du changement de manière continue.

L’évolution technologique au sein de cette industrie vise l’adaptation des infrastructures de transport aux besoins en devenir. Il existe par ailleurs une variation considérable dans la distribution géographique des réseaux et infrastructures de transport. Tandis que certaines régions se caractérisent par une coexistence de plusieurs modes de transport, d’autres ne sont desservies que par un seul. L’évolution des transports s’appuie autant sur les infrastructures que sur les véhicules.

Les changements technologiques en matière de transport ont contribué à une performance accrue des modes existants ainsi qu’à la création de nouveaux types de transport. Une historique des transports (voir chapitre 1, concept 3) montre effectivement que tous les modes ont su surmonter une panoplie de contraintes liées à l’environnement naturel. De surcroît, l’ensemble des innovations en transport aura mené à une restructuration spatiale s’élaborant sous deux volets:

  • Une réduction en coût et en temps des déplacements.
  • Une croissance de la mondialisation des échanges.