Le tourisme international et le transport international

CHAPITRE 5 : APPLICATION 3


Auteur : Dr. Jean-Paul Rodrigue
1. Tourisme et transport
2. Structure modale du tourisme international

1. Tourisme et transport  

La géographie des transports n’est certes pas insensible à l’impact de taille que peut engendrer l’expansion du tourisme international. Le voyage a toujours été une composante de la vie des individus. D’abord, les explorateurs parcoururent le monde afin d’en connaître davantage sur les différentes régions géographiques et les populations les habitant ainsi que pour promouvoir l’échange de biens de toutes sortes. Pour nos sociétés modernes, le voyage concorde plus avec les vacances et les affaires. Tandis que les grands explorateurs voyageaient dans l’espoir de découvrir de nouveaux passages et de repousser les limites des connaissances géographiques, le touriste d’aujourd’hui se veut davantage un catalyseur du transport international.

C’est ainsi que le transport joue un rôle central au sein de l’industrie touristique. La demande en transport international, voire même national, représente un grand nombre d’individus désirant se déplacer de façon rapide, efficace et à moindres frais. Ceci exige de lourds investissements tout comme une organisation de haut niveau. Des terminaux et des horaires adéquatement gérés sont essentiels au bon fonctionnement d’infrastructures de transport efficaces, compte tenu surtout des taux de croissance élevés que connaît l’industrie du tourisme.

Le transport est à la fois la cause et l’effet de la croissance du tourisme. D’abord, l’amélioration des services a stimulé le tourisme et l’expansion de ce dernier a stimuler à son tour le transport. L’accessibilité est une notion fondamentale au transport à vocation touristique. Afin d’accéder aux régions ciblés, les touristes peuvent avoir recours à plusieurs modes de transport. Le transport aérien demeure néanmoins le mode principal en tourisme international. Ce mode occupe un statut hégémonique au sein des déplacements interrégionaux de touristes, qui impliquent normalement de longues distances. Le trafic aérien international connaît ainsi un taux de croissance de l’ordre de 15% par année.

Il reste que chaque mode de transport a eu sa part du gâteau eu égard à la croissance de l’industrie touristique. Le secteur public fournit généralement une majorité des investissements en matière de réseaux routiers et ferroviaires alors que l’entreprise privée se concentre davantage sur les véhicules et infrastructures connexes. Les politiques de transport et les décisions des gouvernements nationaux peuvent avoir une influence majeure sur les destinations accessibles aux touristes; et a fortiori si le secteur public ne peut rencontrer la demande en termes d’infrastructures de transport, le développement de l’industrie touristique risque d’être compromis dans les régions lacunaires. Les réseaux de transport terrestre de certains pays ont été conçus de manière à accommoder les besoins de mouvements commerciaux dont requiert le tourisme. Les dépenses des vacanciers constituent usuellement une contribution suffisante à l’économie locale, suffisante du moins pour motiver les gouvernements à investir dans les réseaux routiers et infrastructures aériennes.

2. Structure modale du tourisme international    

Le transport à vocation touristique comporte deux catégories:

  • Moyens de transport individuels; sous l’unique contrôle du touriste individuel.
  • Transport de masse; les touristes voyagent en groupe.

Les modes de transport utilisés par ces deux catégories sont: l’automobile, l’autocar, le rail et l’avion.

  • L’automobile est généralement un moyen de transport individuel et privé. Le conducteur décide où, quand et comment il se rendra à destination. Règle générale, les frais apparaissent moins élevés car le financement des routes n’est pas transféré immédiatement au touriste mais est camouflé sous forme de taxes. C’est un mode capable d’atteindre un haut niveau de fluidité au sens où un déplacement porte à porte peut se faire sans aucun arrêt. L’automobile est le mode dominant en tourisme à travers le monde (77% des déplacements), notamment en raison d’avantages tels sa souplesse, son prix, son indépendance, etc. Son seul désavantage est rattachée à la vitesse: la distance parcourue ne peut être comparée à l’efficacité du transport de masse.
  • L’autocar emploie le même réseau que l’automobile mais se veut une alternative. Les autocars sont idéals pour les itinéraires touristiques locaux de groupe. Bien qu’ils soient abordables, les horaires fixes et le confort sont des éléments atténuant son attrait.
  • Le rail jadis dominait le transport de masse dans les pays développés avant l’émergence de l’automobile. Il demeure le mode de transport le plus sollicité en pays en voie de développement. Bien que le train soit très rapide, le réseau manque de flexibilité, c’est-à-dire que des routes imposées doivent être empruntées. Le réseau ferroviaire reflète plutôt davantage les besoins commerciaux de l’économie nationale que les flux touristiques qui pourraient contribuer à le rendre second mode de transport en importance. Les systèmes ferroviaires dans bon nombre de pays, notamment ceux d’Europe, ont bénéficié d’investissements massifs ciblés sur l’allongement des parcours sur de plus grandes distances ainsi que sur l’application des technologies de haute vitesse.
  • Le transport aérien est de loin le mode le plus efficace. En raison des prix tout particulièrement, seulement 12.5% des touristes voyagent par avion. Ce mode de transport a révolutionné l’aspect géographique des distances: les régions les plus éloignées sont désormais accessibles en peu de temps. Quelconque voyage autour du monde peut dès lors se mesurer en termes d’heures de vol. Avec des avions à réaction pouvant atteindre des vitesses de 1 950 km/h, le tourisme international n’est désormais plus synonyme d’aventure exotique. La classe d’affaires compte parmi les grands usagers du transport aérien.
  • Le transport maritime se concentre davantage autour du traversier. Dû à la rapidité des avions, la traversée des océans par bateau devient perçue comme une consommation de temps excessive. Mais en général le transport par bateau se présente davantage comme un divertissement plutôt qu’un mode de transport proprement dit. La croisière se veut ainsi une expérience touristique en soi; ces bateaux s’apparentent à des réseaux de villégiature mobiles où les passagers peuvent joindre le luxe au divertissement tout en se déplaçant vers les destinations convoitées. Le marché international des croisières cependant ne franchit pas la barre des 4 millions de touristes annuellement, bien que ce secteur demeure un élément important pour l’industrie touristique. Les principales destinations des lignes de croisières sont les Caraïbes, la Méditerranée et l'Océan Pacifique / Mer de Chine Méridionale. Les fjords de l’Alaska et de l’Europe australe connaissent aussi une certaine popularité.