|
1. Définition et
rôle  |
Les politiques en matière de transport sont le résultat d'un
processus de réglementation et de contrôle des réserves de transport pour faciliter l'e
fonctionnement efficace des aspects économique, social et politique d'un pays (mobilité
des gens et des biens) au coût social le plus bas et en toute sécurité.
Les politiques servent à assurer que le transport ait une capacité
adéquate et que les opérations soient efficaces et sécuritaires afin de répondre aux
nombreux besoin de mobilité de la population. L'établissement de la réglementation
s'est faite au 19e siècle. Le Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada voulaient se
doter à ce moment-là d'une politique en matière de transport. Le contrôle de l'État
dans les transports permettait de protéger les consommateurs et les employés des
transports par différents moyens de contrôle:
- Sur la qualité et la sécurité des services par modes.
- Sur leur quantité, volume, accessibilité.
- Sur le prix des services.
- Sur l'entrée et les sorties des opérateurs sur le marché.
2. Évolution en
matière de politiques  |
Les politiques en transport ont passé en quelque sorte par 4
phases importantes:
- A) Âge du chemin de fer (1830-1930). Seule
industrie réglementée, monopole des compagnies de chemin de fer. En 1875, apparition de
lois concernant la sécurité et les besoins (assurer des services efficaces). Par la
suite, contrôle des prix. Vers la fin, gestion des chemins de fer par la fusion des 120
compagnies existantes en quatre groupes ("Railway Act" 1921). Les buts de cette
fusion: éliminer la rivalité, réduire la duplication des infrastructures, faire des
économies significatives dans les opérations.
- B) Âge de protection (1918-1945). Croissance de nouveaux modes et de la demande; réglementer dans
le but de protéger les intérêts publics. Voici des exemples:
Royaume-Uni 1930: contrôle national sur la quantité et les tarifs de transport par
autobus. 1933: propriété publique des autobus londoniens et des chemins de fer
souterrains. 1933: contrôle de la quantité du transport routier. États-Unis 1925-1942:
couvrir les opérations d'autobus, le transport routier, aérien, envois par bateau, voies
navigables et expédition de marchandise; attitude publique: anti-compétition, favorise la fusion et la
rationalisation des compagnies et dans l'intérêt de la sécurité et du bien-être du
public.
- C) Âge de la planification administrative (Seconde Guerre Mondiale). Rationnement de l'essence, réquisition des transporteurs publics, il faut
planifier: Restructurer les opérations ferroviaires, se concentrer sur la structure et
l'organisation du transport public dans les grandes villes, dégager une vision nouvelle
des réseaux de transport et des infrastructures (croissance urbaine), aider au
recouvrement économique de la Deuxième Guerre Mondiale. On parle de nationalisation
(Royaume-Uni) et de réglementation (États-Unis et Canada): 1964: "Urban Mass
Transportation Act" (États-Unis):objectifs sociaux (subventions dans les services
publics). 1968: "Transport Act" (Royaume-Uni):réorganisation majeure dans la
gestion des transports publics afin d'enrayer la dégradation des services. La
réglementation se fait dans un intérêt national afin de favoriser l'accessibilité aux
services. L'équilibre entre planification et compétition permise s'est graduellement
changé en compétition. L'approche de planification ne convenait plus avec les nouvelles
philosophies de la fin des années 70. L'âge de contestation commence.
- D) Âge de la contestation. Principe:
déréglementation et efficacité des opérations de transport au lieu que l'État
protège les intérêts publics par une compétition planifiée. Ce rôle est redéfini,
visant à créer des conditions pour que les opérations de transport soient efficaces et
laissent place à plus de compétition (privatisation et déréglementation). Vers la fin
des années 70 (début 80), les États-Unis s'engagent dans un mouvement de
déreglementation (amène une plus grande concurrence à l'intérieur et entre les modes).
Le Canada emboîte le pas plusieurs années plus tard.
Privatisation: transfert des entreprises de transport public au
secteur privé. Déréglementation: enlever le contrôle de
l'Etat sur la quantité et la qualité des services dans la poursuite d'une véritable
compétition au services de l'intérêt public.
(2 exemples de déréglementation: US airlines et British Bus
services)
3.Deux approches  |
Le planificateur joue un rôle d'arbitre entre les intérêts
collectifs et les intérêts particuliers. Les politiques de transport urbain ont la
possibilité de choisir entre deux modèles de structures urbaines (assurer un équilibre
entre les deux).
| MODE |
automobile |
transport en commun |
| MODÈLE |
libéral |
socialiste |
| HABITAT (type) |
individuel |
collectif |
| VALEURS |
individuelles |
collectives |
| PAYS |
États-Unis, Canada |
Suède, Russie |
Deux approches s'opposent quand vient le temps d'établir une
politique en transport: les intérêts du libre-marché et les intérêts publics. La
question qui est posée: faut-il que les transports soient rentables à tout prix? Il y a
les partisans de la rentabilité et ceux du service public. Une position moyenne vise à
accepter les déficits à condition qu'ils ne soient pas trop lourds (souvent un compromis
entre deux logiques). Il existe la loi des rendements décroissants: exemple, certaines
autoroutes ne seront pas rentables mais sont ouvertes dans un souci d'aménagement
(désenclavement) du territoire. On peut ainsi accepter des déficits pour des raisons de
solidarité nationale, de d'accessibilité des régions éloignées ou isolées.
4. Exemples de politiques  |
Voici quelques exemples de politiques en matière de
transport:
- Politiques de tarification; En matière de
tarification, les politiques concernent les infrastructures (routes, stationnement) et les
usagers (coût de déplacement-voyage). Différentes méthodes de tarification sont
utilisées (par objectifs, au coût marginal, à l'équilibre budgétaire, au coût
économique complet) allant de la moins restrictive à la plus chère. Aucune méthode ne
s'impose particulièrement, les calculs sont parfois délicats et imprécis, les objectifs
sont divers. Les problèmes de tarification sont des problèmes politiques. Ils jouent un
rôle dans la concurrence entre les modes. Le péage est un moyen simple de récupérer
les coûts des infrastructures auprès des usagers. Ils ont l'avantage d'être une
importante source de financement mais l'inconvénient de s'imposer à tous malgré les
itinéraires variables.
- Déréglementation des transports; Peu importe les
questionnements théoriques sur les tarifs, dans de nombreux pays dits
"libéraux", les tarifs ont souvent été fixés de façon autoritaire et la
concurrence limitée. Depuis le début des années 80, une idéologique (et politique)
libérale a réclamé l'abandon des pratiques et prôné la déreglementation des services
de transport, c'est-à-dire l'assouplissement ou la suppression des dispositions encadrant
le fonctionnement d'une activité économique notamment sur le plan des tarifs. Les
arguments favorisant la réglementation sont d'assurer que l'intérêt du public est
préservé, une réduction des coûts sociaux; un monopole naturel sous contrôle est plus
économique que la concurrence. Quelques expériences de dérégulation ont été non
concluantes. Elles ont démontré qu'elles n'ont pas toujours amélioré la situation des
usagers qui perdent en qualité de service, ni pour les exploitants (les plus petits ayant
dû s'unir afin de faire face à la concurrence). Une réglementation serrée et
contraignante ne donne pas de meilleurs résultats. Pour être efficace une dérégulation
suppose une stratégie de transition. Il faut éviter les effets néfastes (oligopole,
oublier les objectifs d'aménagement, insécurité routière, etc.) et vaut mieux parler
de concurrence intermodale efficace.
- Politiques publiques et concurrence des modes;
Concurrence entre le rail et la route pour les transports intérieurs de marchandises,
entre le train et l'avion pour les transports interurbains de personnes et entre
l'automobile et les transports en commun pour les transports urbains de voyageurs. Les
rôles de l'État sont d'ordres financiers, fiscaux et réglementaires. Il a un rôle
garant de certaines conditions fondamentales soient la liberté d'entreprendre,
l'égalité des citoyens, la sécurité des personnes et des biens, les conditions de
travail, le respect de l'environnement. Il a aussi un rôle dans l'investissement (pour
beaucoup d'infrastructures), dans l'aide financière et la politique fiscale. Il a un
souci d'efficacité (meilleur service au moindre coût), d'équité (pour usagers et
transporteurs) et de politique économique (maintenir l'indépendance nationale, la part
du marché dans les transports internationaux, l'emploi et les industries liés au
transport). Au niveau réglementaire, l'État joue un rôle dans l'entrée de nouveaux
acteurs dans la profession, les tarifs et la protection des salariés.
5. Les débats politiques en transport  |
Les questions de transport débordent souvent en
débats politiques. Selon les crédo politiques des groupes ou des individus, leurs
convictions et leur façon de voir les choses, des intérêts importants vont se
confronter. Ceci conduit à des choix difficiles, contestés et qui dans un contexte de
changement de régime politique peuvent être remis en question.
Quelques exemples:
- Les types et la prévision des coûts lors de la mise en
place de grandes infrastructures.
- La localisation des infrastructures et leur rattachement.
- L'implantation de mesures nouvelles en gestion.
- Les services à assurer aux groupes minoritaires.
- Le contrôle de la pollution, air, bruit, la protection des
paysages.
Chaque situation conduit nécessairement à des débats
qui se résolvent par des négociations ou des compromis dans lesquels les gouvenrements
jouent un rôle important. |